L’ancien coach du Borussia Dortmund et de Liverpool est en désaccord total avec le nouveau tournoi mis en place par la FIFa cet été.
Quand il a quelque chose à dire, Jurgen Klopp n’a pas pour habitude de tourner autour du pot, et il l’a encore prouvé. Dans un entretien accordé au journal Die Welt, l’Allemand a vivement critiqué la Coupe du monde des Clubs, actuellement en cours. Pour lui, cette compétition ne fait que mettre en danger les joueurs.
« Ce Mondial des clubs est la pire idée jamais introduite dans le football. Des gens qui n’ont jamais rien eu à voir avec les activités quotidiennes ont des idées… », a lâché Klopp, désormais directeur footballistique du groupe Red Bull.
« Mauvais moment, mauvaises raisons »
Très inquiet pour la santé des joueurs, il poursuit : « Je crains que la saison prochaine, les joueurs ne subissent des blessures jamais vues auparavant. Sinon, cela se produira pendant la Coupe du monde ou après. Cette compétition se déroule au mauvais moment et pour de mauvaises raisons ».
Jürgen Klopp 𝗱𝗲́𝗴𝗹𝗶𝗻𝗴𝘂𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗹𝗲̀𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 la Coupe du Monde des Clubs… 🥶🥶
"𝗟𝗮 𝗽𝗶𝗿𝗲 𝗶𝗱𝗲́𝗲 𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗺𝗶𝘀𝗲 𝗲𝗻 œ𝘂𝘃𝗿𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗳𝗼𝗼𝘁𝗯𝗮𝗹𝗹. L’année dernière, il y avait la Copa América et l’Euro. Cette année, il y a la Coupe du… pic.twitter.com/BLQ0WQutAz
Assurément très remonté, Klopp remet aussi en cause l’argument financier, celui souvent mis en avant par les clubs pour justifier leur participation au tournoi.
« Je comprends ceux qui disent que l’argent (reçu) pour participer est une folie. Mais ce n’est pas le cas de tous les clubs. L’année dernière, il y a eu la Copa América et l’Euro. Cette année, il y a la Coupe du monde des clubs, et l’année prochaine, nous avons la Coupe du monde des nations. Cela signifie qu’il n’y a pas de véritable récupération pour les joueurs concernés, ni physiquement, ni mentalement ».
Auteur d’un doublé et d’une nouvelle performance étincelante contre l’Inter Miami (4-0) à l’occasion des 8es de finale de la Coupe du Monde des Clubs, João Neves a encore impressionné tout son monde. Les Hérons n’ont finalement pu que constater les dégâts…
João Neves est un joueur différent. Arrivé en août dernier dans la capitale française, le jeune milieu de terrain portugais ne cesse d’impressionner. Au sortir d’une saison époustouflante – tant sur le plan collectif qu’individuel – le natif de Tavira enchaîne, aujourd’hui, sur le sol américain. Ce dimanche, lors du 8e de finale de la Coupe du Monde des Clubs face à l’Inter Miami de Lionel Messi, l’ancien joueur de Benfica a ainsi offert un nouveau récital dans l’entrejeu parisien. Grand artisan de la domination sans partage des Parisiens, l’international portugais aux 16 sélections a totalement éteint le milieu de terrain floridien.
Juste techniquement, irréprochable dans le duel et efficace aux abords de la surface adverse, le numéro 87 parisien – remplacé par Ousmane Dembélé à l’heure de jeu – a finalement été élu homme du match par la FIFA et la rédaction FM. Crédité d’un 8,5, Neves a disputé 62 minutes de jeu avec un rendement terrifiant : 2 duels remportés, 5 récupérations, 1 interception, aucune perte de balle, 8 passe dans le dernier tiers, 95 % de passes réussies et 2 buts…
Un premier doublé avec le PSG !
Une rencontre où le milieu de 20 ans a fait parler sa classe à travers de nombreuses interventions bien senties. Faisant parler sa qualité technique sur des transmissions remarquables, Neves – qui permet également à Vitinha et Ruiz de briller dans des rôles différents – s’est par ailleurs illustré dans les derniers mètres adverses. Buteur d’entrée sur une tête plongeante, il doublait la mise au terme d’une belle projection pour finir dans le but vide. Fort de ce match plein, le cadre de l’entrejeu parisien ne pouvait alors que savourer au micro de DAZN.
FOOTBALL – Des larmes de soulagement. Ce samedi 28 juin,Paul Pogba a signé pour deux ans avec l’AS Monaco, afin de relancer sa carrière après trois saisons quasi blanches en raison notamment d’une suspension de 18 mois pour dopage. Un nouveau départ qui a suscité une vive émotion chez le footballeur.
Dans une vidéo diffusée ce samedi sur les réseaux sociaux par l’AS Monaco, officialisant l’arrivée du joueur français, on aperçoit Paul Pogba en pleurs au moment de signer son contrat sous les yeux du directeur sportif Thiago Scuro. « C’est beau à voir mon ami, d’être là et de vivre ça avec toi. Nous te remercions », déclare ce dernier.
Un peu plus tôt, l’AS Monaco avait diffusé une autre vidéo montrant une… pioche (aussi le surnom du joueur) surplombant le centre d’entraînement de la Turbie. Paul Pogba sera présenté à la presse le 3 juillet avec les autres recrues Eric Dier et Ansu Fati.
L’ex-membre des Bleus, champion du monde en 2018, n’a pas joué depuis l’été 2023, où s’est tenu son dernier match avec la Juventus Turin. Quelques jours après ce dernier match, l’international français avait été suspendu pour quatre ans après un contrôle positif aux métabolites non endogènes de la testostérone (DHEA) à l’issue du match contre l’Udinese le 20 août 2023.
Une sanction réduite à 18 mois par le Tribunal arbitral du sport (TAS), estimant que l’ingestion de la substance « n’était pas intentionnelle et résultait d’une prise de complément alimentaire prescrite par un médecin en Floride ».
Sans club depuis la résiliation du contrat avec la Juventus
Depuis mars 2025 et la fin de sa suspension, Pogba était autorisé à rejouer, mais il était sans club après la résiliation de son contrat avec la Juventus en novembre 2024.
Fin avril des médias américains avaient annoncé qu’il était en négociations avec le D.C. United de Washington, club de MLS. Son nom avait aussi été régulièrement associé à l’Olympique de Marseille. C’est finalement dans un autre club de Ligue 1, Monaco, troisième du dernier championnat et qualifié pour la Ligue des champions, que le milieu de terrain va tenter de rebondir.
Outre sa suspension pour dopage, ces trois dernières années ont été un long tunnel pour le Français, régulièrement blessé et très touché moralement par l’affaire d’extorsion et de séquestration dont il a été victime et pour laquelle son frère Mathias et cinq de ses amis d’enfance ont été condamnés fin 2024 à des peines allant jusqu’à huit ans de prison.
« Je peux enfin tourner la page »
« Je peux enfin tourner la page sur cette période extrêmement pénible. Maintenant que le jugement a été rendu, je peux me concentrer pleinement sur mon retour au football professionnel », avait-il écrit à l’AFP après la décision.
La nouvelle est tombée ce jeudi et elle donne un mal de crâne terrible. Cristiano Ronaldo a prolongé à Al-Nassr pour deux ans, à 40 ans. Au-delà de cette prolongation, c’est son salaire qui choque. 400 millions d’euros sur deux ans, dix fois plus que Lionel Messi à Miami, un gouffre qui se creuse et qui met en lumière la stratégie de l’Arabie Saoudite, au mépris de l’entendement et du bon sens.
Et vous, vous feriez quoi avec 400 millions d’euros ? Difficile de répondre à la question, tant la somme est exorbitante, même inatteignable pour la grande majorité des êtres humains sur cette terre. Le statut de millionnaire est réservé à une élite, celui de milliardaire à un club encore plus fermé. Cristiano Ronaldo est membre de cette élite, de par son statut de star internationale, mais aussi grâce à tout l’argent amassé depuis qu’il est parti à Al-Nassr en Arabie Saoudite. Là-bas, il est confirmé au rang de footballeur le mieux payé du monde, en dépit de toute logique. Mais les Saoudiens ne s’embarrassent pas de cette logique et continuent leur opération séduction pour vendre le produit de la Saudi Pro League, qui peine à décoller dans le cœur des fans de foot.
Ce jeudi, Cristiano Ronaldo a franchi un nouveau palier dans la folie des grandeurs. Son club d’Al-Nassr lui a offert, à 40 ans, un contrat de deux ans pour la modique somme de 400 millions d’euros. 200 millions par an pour jouer en Saudi Pro League et continuer à avoir sous ses couleurs l’un des footballeurs les plus talentueux de l’histoire. Les chiffres donnent le tournis et la démesure est vertigineuse. Pour donner un élément de comparaison, son rival de toujours, Lionel Messi toucherait 20 millions d’euros par an à l’Inter Miami, soit dix fois moins que la légende portugaise. On parle en salaire pur, car bien sûr les deux génies profitent également de juteux revenus de sponsoring qui font gonfler la note. Mais les sommes sont déjà assez astronomiques pour comprendre le gouffre qu’il y a entre les deux.
Sa prolongation a été annoncée en grande pompe par une vidéo où il marche pieds nus dans le sable, est filmé face caméra et lance un « Al-Nassr forever (pour toujours) », dans son sourire Colgate caractéristique. Alors qu’il avait un temps envisagé de quitter l’Arabie Saoudite pour trouver un nouveau challenge lui permettant de participer à la grand-messe du football mondial actuellement aux Etats-Unis, « CR7 » semble avoir été retenu par la promesse d’un chèque faramineux. Ce montant est difficilement compréhensible puisque personne ne semblait vraiment en course pour tenter de s’attacher les services du vétéran. Mais l’Arabie Saoudite voit en lui un ambassadeur, une vitrine pour continuer de développer son championnat domestique. Il suffit de voir les stades remplis pour venir le voir jouer, lui, et lui seul.
L’ARABIE SAOUDITE FAIT PARLER D’ELLE
Désormais, il est seul au sommet de la pyramide du football, assis au sommet d’une montagne de billets, à ne plus savoir quoi en faire. On ne sait plus vraiment quoi en penser, on arrive à s’en demander si c’est encore du football, celui que l’on connaît. Mais les faits sont là. Cristiano Ronaldo accroît son avance sur les autres, Lionel Messi loin derrière. Les autres footballeurs très bien payés dans le monde évoluent aussi en Arabie Saoudite, où la ruée vers l’or a remplacé le football. Karim Benzema émarge à 100 millions d’euros par an dans le club rival d’Al-Ittihad. Avant son départ au Brésil à Santos, Neymar touchait également autant que l’attaquant français. Bref, là-bas, c’est la démesure pendant que le championnat, lui, n’avance pas vraiment. Qu’importe, tout le monde parle du contrat mirobolant de Cristiano Ronaldo. Tout le monde parle de l’Arabie Saoudite. Et au fond, c’est tout ce qui compte pour eux.
Pep Guardiola prévoit des changements radicaux pour le deuxième match de Manchester City en Coupe du monde des clubs, mais il sera intéressant de voir ce qu’il prévoit pour Rodri, alors que le lauréat du Ballon d’or poursuit son retour.
L’Espagnol s’est blessé aux ligaments croisés du genou en septembre dernier, mais il s’est battu pour revenir avant la fin de la saison, jouant les sept dernières minutes de la victoire 3-1 contre Bournemouth lors de la dernière semaine de la campagne.
Mais c’est lors de la Coupe du monde des clubs que son retour en forme pour les matches passera vraiment à la vitesse supérieure, et il a eu l’occasion de disputer plus de minutes au Lincoln Financial Field, en jouant une demi-heure lors de la victoire des Blues sur le Wydad AC, lors de la première journée.
Rodri sera heureux de conserver ces minutes, et Guardiola a révélé après coup que le joueur de 28 ans en aurait voulu davantage, mais son apparition a révélé que le retour au jeu n’est pas seulement une question d’efficacité en match, mais aussi de rythme.
Ce n’était pas le Rodri d’antan, même si personne ne s’y attendait. Il y a eu une ou deux passes perdues et quelques moments où il a clairement manqué de vivacité. Il y avait de la rouille dans son jeu et le défi consiste maintenant à s’en débarrasser.
Nous sommes à l’été 2025 et Didier Deschamps est toujours le sélectionneur de l’équipe de France avec la possibilité d’ajouter un nouveau trophée à son impressionnant palmarès.
Bien que la France ait peiné à se hisser en demi-finale de cette Ligue des Nations de l’UEFA, les Bleus sont tout de même la troisième équipe mondiale classée par la FIFA. Ces tricolores ont une revanche à prendre en affrontant l’Espagne, championne d’Europe en titre, ce jeudi soir.
Lamine Yamal et consorts ont anéanti les espoirs des Bleus pour l’Euro 2024 en demi-finale l’été dernier, concluant ainsi un tournoi peu enthousiasmant pour les Bleus.
Malgré quelques blessures en défense, l’équipe de Deschamps est remplie de stars et voici comment elle pourrait s’aligner contre l’Espagne avec une place en finale de la Ligue des Nations à la clé.
Mike Maignan-Maignan s’est imposé comme le numéro un français après la retraite d’Hugo Lloris, mais nous n’avons pas vu le meilleur de lui depuis que Milan a remporté le Scudetto en 2022. Il a également été associé à un transfert à Chelsea.
Malo Gusto – Le défenseur latéral a été horrible lors de sa dernière sortie en finale de la Ligue des conférences, mais l’absence de Jules Koundé permet à Gusto d’être titularisé jeudi.
Ibrahima Konaté – Le champion de Premier League a été contraint de partager ses minutes avec les jeunes défenseurs centraux français les plus doués ces derniers temps, mais les blessures de William Saliba et du favori de Deschamps, Dayot Upamecano, signifient que Konaté devrait débuter les deux matches de ce mois.
Lucas Hernandez – L’absence de Key a permis à Hernandez d’obtenir une rare place de titulaire. Le défenseur du PSG, qui a joué 12 minutes lors de la finale de la Ligue des champions, n’a pas beaucoup joué en équipe nationale depuis qu’il s’est déchiré le ligament croisé antérieur lors de la Coupe du monde 2022.
Lucas Digne-Bonne chance, Lucas. Yamal t’attend.
Aurélien Tchouaméni– Il sera privé ce mois-ci d’Eduardo Camavinga, son pote du Real Madrid, mais l’absence de son coéquipier devrait lui permettre de débuter à la base du milieu de terrain français sans trop de concurrence.
Manu Koné – Le milieu de terrain a brillé à la Roma en 2024-25 et a été introduit dans l’équipe de Deschamps après avoir remporté une médaille d’argent avec son pays aux Jeux olympiques de Paris 2024. Il pourrait être récompensé pour sa saison impressionnante en étant titularisé jeudi.
Adrien Rabiot – L’homme de confiance du sélectionneur. Rabiot est toujours dans la ligne de mire de Deschamps, quelles que soient ses performances en club.
Michael Olise – La France peut se permettre de laisser au repos ceux qui ont brillé en finale de la Ligue des champions en raison de la qualité de leurs solutions de rechange. Olise a joué un rôle essentiel dans le succès des Bleus face à la Croatie en quarts de finale et vient de terminer une première saison exceptionnelle en Bundesliga.
Kylian Mbappé – Le vainqueur du Pichichi de la Liga occupe la troisième place du classement des buteurs de l’histoire de la France avec 48 réalisations. Il a déjà en ligne de mire le record d’Olivier Giroud (57).
Randal Kolo Muani-Si Deschamps ne veut pas faire jouer Marcus Thuram ou le trio d’attaquants du PSG, il pourrait se tourner vers le polyvalent Kolo Muani, qui est un attaquant de métier mais qui peut évoluer sur le côté.
Un quart de siècle après son père Sérgio, Francisco Conceição sort du banc pour devenir l’un des rares héros portugais de l’histoire des duels contre l’Allemagne grâce à un but époustouflant ; Ronaldo, la quarantaine révolue, se charge du reste.
Nous avons eu l’impression de deviner. Dans notre édition d’hier, lorsque nous écrivions que le Portugal avait besoin de héros à l’ancienne pour affronter l’Allemagne, comme Carlos Manuel, qui, il y a près de 40 ans, avait marqué l’immortel coup de pied de Stuttgart dans ce qui, jusqu’à mercredi, était la seule victoire du Portugal sur le sol allemand (1-0), ou Sérgio Conceição, auteur de l’inoubliable coup du chapeau contre la Mannschaft à l’Euro-2000 (3-0), nous étions loin d’imaginer que, parmi ces héros, se trouveraient… fils de ce dernier, Francisco Conceição, et l’éternelle légende Cristiano Ronaldo.
Mais c’est ainsi que cela s’est passé, et c’est pourquoi la Seleção a battu l’équipe allemande pour la troisième fois de son histoire en match officiel et retrouve la finale de la Ligue des Nations, une compétition qu’elle a remportée en 2019. Mais revenons 90 minutes en arrière.
Tout a commencé avec le onze. Qui aurait pu penser que Roberto Martínez surprendrait tout le monde de la sorte ? Tout d’abord, avec un changement étonnant au poste d’arrière droit, avec l’arrivée de… João Neves, qui a été sacré champion d’Europe dans cette même Munich Arena samedi dernier.
Le succès du Paris Saint-Germain en finale de la Ligue des champions, samedi, est une victoire de la jeunesse et de l’aventure.
C’est la victoire d’une équipe bâtie sur une vision cohérente et une réplique à ceux qui pensent que le football se résume à collectionner les plus grands noms. C’est la victoire de Luis Enrique, un très bon entraîneur qui a connu une terrible tragédie personnelle. C’est une victoire pour un football progressiste, fluide et tourné vers l’avenir.
Mais c’est aussi une victoire pour le lavage sportif.
Si vous pouviez dissocier le match de son contexte, vous seriez subjugué. Le PSG a été brillant et bien que l’Inter ait été horrible, une partie au moins de cette horreur a été provoquée par l’énergie implacable du PSG. L’écart de cinq buts est le plus important jamais enregistré dans une finale de Coupe d’Europe ou de Ligue des champions et il est difficile de croire qu’une finale ait été aussi unilatérale (du moins jusqu’à la finale de la Coupe des champions de la Concacaf du lendemain, remportée sur le même score de 5-0).
Quatre fois auparavant, une finale de Ligue des champions s’était terminée avec un écart de quatre buts. Il y avait eu la célèbre victoire 7-3 du Real Madrid contre l’Eintracht Francfort à Hampden Park en 1960, un match qui avait profondément inspiré le futur entraîneur de Manchester United, Alex Ferguson. Mais ce qui fascinait aussi, c’est que Francfort était une équipe exceptionnelle. Ils avaient battu les Rangers 12-4 sur l’ensemble des deux matchs en demi-finale, et ils étaient suffisamment bons pour ouvrir le score – même si leurs deuxième et troisième buts sont venus au cours d’une série de quatre buts marqués entre la 71e et la 75e minute.
Le Bayern a battu l’Atlético 4-0 en 1974, mais c’était lors d’un match rejoué. Quand Milan a battu Barcelone 4-0 en 1994, ce fut un choc, et une immense victoire tactique pour Fabio Capello sur Johan Cruyff, mais jusqu’au quatrième but, on avait encore le sentiment que Barcelone pouvait revenir. La victoire 4-0 de Milan contre le Steaua Bucarest en 1989 était peut-être la plus proche de celle de samedi : une victoire sans appel, et Arrigo Sacchi a dit que c’était le match où l’une de ses équipes s’était le plus approchée de son idéal de football.
Même lorsque Barcelone avait dominé Manchester United en 2011, United avait montré suffisamment de résilience pour les limiter à trois buts, allant même jusqu’à forcer un égaliseur improbable. Ce n’était pas la capitulation qu’Inter a connue.
Barcelone a dû regarder la finale de samedi avec incrédulité : comment avaient-ils pu perdre la demi-finale contre cet Inter-là ? Comment avaient-ils pu, encore et encore, se laisser piéger sur coups de pied arrêtés et en contre-attaque ?
Le sentiment général est que la victoire de samedi sera un tournant décisif. C’est une équipe jeune, ce PSG. La Ligue des champions est un tournoi notoirement difficile à conserver, sauf pour le Real Madrid, mais rien ne dit que ce ne pourrait pas être la première d’une longue série. Après des années durant lesquelles le club ressemblait à un cirque de célébrités — ce qui, il faut le reconnaître, a aidé à asseoir leur marque — ils ont désormais une politique de recrutement cohérente et un entraîneur intense et talentueux. Et ils sont, sans conteste, plaisants à regarder jouer.
C’est précisément ce qui rend le sportswashing (blanchiment d’image par le sport) aussi insidieux. Sur le terrain, le PSG incarne ce qu’un club de football devrait être. Mais il n’en reste pas moins qu’il est détenu par Qatari Sports Investments, et que ce soutien étatique leur confère un avantage énorme sur les clubs financés de manière plus traditionnelle. QSI a investi dans le PSG six mois après la réunion au Palais de l’Élysée en novembre 2010 – un mois avant que le Qatar ne décroche l’organisation de la Coupe du monde 2022 – entre le président français Nicolas Sarkozy, le président français de l’UEFA Michel Platini, et Tamim al-Thani, prince héritier du Qatar à l’époque – aujourd’hui émir. Le PSG n’était qu’une partie d’une vague d’investissements qatariens en France, bien qu’il faille préciser que Platini affirme avoir déjà décidé de voter pour le Qatar.
Aussi rapaces que puissent être les fonds de capital-investissement qui possèdent certains clubs d’élite, ils ne disposent pas, en pratique, de la richesse infinie des clubs soutenus par un État. L’Inter fait partie des trois grands clubs italiens. Ils ont remporté la Coupe d’Europe/Ligue des champions à trois reprises. Pendant longtemps, ils ont été soutenus par la fortune de la famille Moratti. Ce ne sont en aucun cas des petits poucets. Et pourtant, selon Deloitte, leurs revenus annuels sont inférieurs de plus de moitié à ceux du PSG. Parmi les sponsors du PSG figurent Qatar Airways et l’Office du tourisme du Qatar ; le soutien de l’État permet de faire tourner bien des rouages.
Le Qatar est un pays où les travailleurs sont régulièrement exploités, où les femmes sont soumises à des lois de tutelle masculine, où les relations entre personnes de même sexe sont interdites, et où la liberté d’expression est sévèrement restreinte. C’est aussi le pays qui a accueilli la plus grande finale de Coupe du monde de tous les temps en 2022, et qui possède aujourd’hui la meilleure équipe d’Europe (et donc du monde) en football. Nasser al-Khelaïfi, président du PSG, est également président du groupe média beIN Sports, un acteur majeur de la diffusion du football, ainsi que président de l’Association européenne des clubs (ECA). À ce titre, il était assis samedi aux côtés du président de l’UEFA, Aleksander Čeferin. Il est extrêmement influent et rend des comptes, au final, à QSI, dont il est aussi le président.
L’Inter a perdu deux des trois dernières finales de Ligue des champions. Les deux défaites ont été concédées face à des clubs détenus par des États. C’est cela, le football moderne : une scène de manœuvres géopolitiques. Il fut un temps où l’on riait facilement du PSG, qui dépensait des fortunes pour des stars vieillissantes, systématiquement défaillantes sous pression. Cette version actuelle ressemble davantage à une véritable équipe de football. Elle est admirable à bien des égards. Le jeu est à la fois spectaculaire et efficace. Mais cela reste du sportswashing.
Avant de diffuser les temps forts de la victoire 2-0 du Chili contre l’Italie lors de la Coupe du monde 1962, le présentateur de la BBC, David Coleman, avertit les téléspectateurs en déclarant que ce qu’ils allaient voir était « la démonstration de football la plus stupide, épouvantable, dégoûtante et honteuse, peut-être dans toute l’histoire du jeu ».
Et il n’avait pas tort. La première faute fut commise après seulement 35 secondes, et la situation était déjà incontrôlable à la huitième minute, lorsque l’Italien Giorgio Ferrini fut expulsé pour une faute sur Honorino Landa. Il refusa de quitter le terrain, ce qui provoqua une mêlée qui ne prit fin qu’après l’intervention de la police. Dans la confusion, le Chilien Léonel Sánchez asséna un crochet du gauche à Humberto Maschio, lui cassant le nez. Alors que le chaos se poursuivait, Sánchez s’en sortit sans sanction après avoir frappé Mario David au visage, mais ce dernier répliqua quelques minutes plus tard avec un coup de pied en plein visage, pour lequel il fut expulsé. Le Chili remporta ce match, désormais connu sous le nom de Bataille de Santiago, sur le score de 2-0.
La violence avait été déclenchée par des articles critiques rédigés par deux journalistes italiens alors qu’ils couvraient le tirage au sort à Santiago, plusieurs mois auparavant. Les deux eurent la sagesse de ne pas se présenter au tournoi lui-même.